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En ouvrant, le nouveau poème au long cours de Cheick Ibrahim Cissé, Sandja :épitaphe d'un amour éternel, on pourrait s'attendre à lire les traditionnelles confidences d'un amoureux. Mais on est agréablement surpris . Car, bien que l' œuvre soit dédiée à une femme, ce n'est point le poète qui épanche son âme, mais la femme dont le cœur épris d'amour pour lui s'est heurté à l'irréciproccité sentimentale de celui-ci. L'amour est bien le nerf de cette œuvre, mais il est conjugué au féminin, puisque c'est une femme amoureuse qui s'exalte. Comme le poète le dit si bien, l'amour est une puissance! Une puissance divine à laquelle on ne goûte qu'avec la sincérité du cœur. Et il n'est jamais loin, l'amour. Il nous suffit d'ouvrir notre cœur pur le capter, le sentir, le voir. Il faut parfois de la volonté pour aimer.
Dans Quand le viol tue, l'auteur cherche à montrer les conséquences immorales et désastreuses que peut avoir la banalisation du sexe comme simple moyen de divertissement dans notre société. Le personnage principal, Mirabelle, jeune diplômée vivant loin de ses parents à Abidjan, est violée par 20 malfrats. Cet événement traumatisant la pousse paradoxalement à rechercher davantage le plaisir sexuel, qu'elle considère comme une forme de thérapie mentale. Elle s'adonne ainsi à de multiples partenaires, sans croire en l'amour. L'auteur montre ainsi comment le traumatisme du viol peut conduire à une dérive sexuelle, où le sexe devient un moyen de combler un manque émotionnel plutôt qu'une expression d'amour et d'intimité. Il souligne les conséquences désastreuses de cette quête effrénée du plaisir dans un contexte de banalisation du sexe.
Toute personne qui lira cette oeuvre aura fait un tour dans le coeur de l’auteur. Il y a transcrit une partie de ses aspirations pour une Afrique souveraine, son cri de coeur et son espoir en des lendemains meilleurs. Au-delà des critiques, des dénonciations, cette oeuvre est un appel au peuple africain pour qui il est temps de reconquérir son patrimoine, son héritage. Comme il aime à le dire, l’Afrique n’est pas le berceau de l’humanité, mais elle en est la mère. Si tel est le cas, les premiers nés de cette dernière doivent se battre afin de redorer, réhabiliter son image, lui redonner sa valeur, son éclat, sa richesse, qui, autrefois faisaient sa fierté et donnaient envie. Comme toute oeuvre poétique classique, cet ouvrage est aussi un assemblage, un condensé de sentiments mitigés, le réceptacle des joies et des peines de l’écrivain. Il nous fait part de son chagrin, de ses déceptions, de ses tristesses et aussi de ses amours fous.
Moussokro était jeune, pleine vie, emportée de promesses dégoulinantes. Elle était probe et docte. Elle était docte et probe. Ses regards, ses hésitations, ses sourires spontanés, ses moues de femme ingénue, d'innocence spirituelle, sa voix limpide, capturaient l'âme d'une Afrique candide en chemin pour la pleine réalisation d'un destin, en plénière abondante. Moussokro était travailleuse, accrochée aux études, femme de lettres séduite. Moussokro est morte normalienne, d'un départ printanier sans digestion.
Elles étaient nombreuses, ces femmes de mon village qui avaient fait au moins deux années à l’école primaire publique du village. Elles avaient mis en à leur rêve de devenir une « madame de la ville » pour plusieurs raisons. Si pour certaines, il fallait rester auprès des parents pour apprendre à tenir un foyer, d’autres, en revanche, ont dû être sacrifiées au profit des petits garçons. On ne pouvait pas se permettre d’envoyer tous ses enfants à l’école dans notre société de tradition agricole. Croyant naïvement les garçons mieux prédisposés, on les maintenait dans les classes au détriment des petites elles. On gardait le secret espoir que, plus tard, ils reviendraient prendre ces futures jeunes dames pour épouses.
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